Description
Le Bois du Baron & de la Houssière est situé dans le Hainaut, au nord de la vallée de la Sambre, où il couvre le plateau entre Lobbes et Anderlues vers 200 mètres d’altitude.
Faisant partie de la ceinture boisée qui entoure le village de Mont-Sainte-Geneviève, il constitue un vestige de la vaste forêt qui couvrait encore une large part de la région au XVIIIe siècle.
Des surfaces conséquentes de ses quelque 280 hectares répondent d’ailleurs à la définition de forêt ancienne subnaturelle, conférant au bois une haute valeur patrimoniale.
En outre, il est drainé par deux ruisseaux affluents de rive gauche de la Sambre, à savoir le ruisseau du Rabion, à l’ouest, et le ruisseau de Laubac, en lisière orientale, alimentés par de multiples ruisselets qui augmentent encore l’intérêt écologique de l’ensemble.



La flore du sous-bois est caractéristique des chênaies mixtes atlantiques neutrophiles à acidophiles avec en particulier la jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta), la jonquille (Narcissus pseudonarcissus), le maïanthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium) et surtout la gagée à spathe (Gagea spathacea), sans nul doute le joyau botanique du site.
Cette discrète plante bulbeuse est en effet une espèce rare et strictement protégée en Région wallonne, où on ne la trouve que dans un secteur limité correspondant à peu près au Hainaut central.
Le périmètre comporte également plusieurs étangs et mares, ainsi que de petites zones tourbeuses localisées dans le vallon du ruisseau du Rabion.
De nombreuses espèces faunistiques sont présentes: le loriot d’Europe, l’autour des palombes, la bondrée apivore, le pic noir, le pic mar, la martre des pins, le putois d’Europe, la salamandre tachetée et de nombreux amphibiens, le pouillot siffleur, le coucou gris, le grand corbeau, la cigogne noire…
Toutes les données biologiques du bois peuvent être consultée sur la page du SGIB 3942 – Bois du Baron et de la Houssière (portail Biodiversité de la Wallonie).






Qu’est-ce qu’un site de grand intérêt biologique (SGIB)?
Il s’agit d’un inventaire scientifique qui a pour but de recenser (identifier, localiser et décrire) les espaces naturels ou semi-naturels terrestres ou aquatiques remarquables en Wallonie. L’inventaire des SGIB est consultable sur le portail biodiversité de la Wallonie.
Les SGIB représentent le coeur de la structure écologique principale: ils abritent des populations d’espèces et des biotopes rares ou menacés, ou se caractérisent par une grande diversité biologique ou un excellent état de conservation. Véritables noyaux de diversité biologique, ils sont indispensables pour organiser l’ossature du réseau écologique et pour établir les bases d’une politique volontariste de conservation de la nature. Depuis plus d’un siècle, les naturalistes les identifient, les décrivent et tentent de les protéger.
Actuellement, en vertu de la loi sur la conservation de la nature (LCN), la délimitation d’un SGIB n’implique pas, en soi, de contrainte juridique particulière. Cela étant, l’inclusion d’un terrain en SGIB informe la plupart du temps de la présence d’espèces protégées au sens des articles 2 et suivants de la LCN, ou d’habitats de ces espèces. Actuellement, la base de données des SGIB compte plus de 2.500 sites couvrant environ 100.000 ha, incluant la plupart des réserves naturelles et autres sites sous statut de protection.
En complément à ces différents statuts, la définition d’un réseau écologique possédant un statut juridique est en cours de réflexion. Une cartographie du réseau écologique wallon devrait être disponible prochainement, sous forme d’un diagnostic scientifique visant à identifier des sous-trames représentant les principaux enjeux et milieux. Ces sous-trames, composées de zones cœurs de biodiversité, de zones de liaison et de zones à restaurer, seront ensuite assemblées pour donner lieu à une proposition de réseau écologique fonctionnel. L’importance des services écosytémiques fournis par ce réseau sera évaluée et pourra guider certains choix de restauration.
L‘importance des forêts naturelles
Les forêts abritent 80 % de la biodiversité terrestre au niveau mondial. Le changement climatique et les forêts sont indissolublement liés. Les forêts et le bois qu’elles produisent stockent le CO2, jouant un rôle essentiel dans l’atténuation du changement climatique. En revanche, les forêts subissent déjà les conséquences du changement climatique: évènements météorologiques extrêmes, sécheresses et canicules causant des feux de forêts, mais également des changements plus lents qui mènent à des mutations dans les assemblages d’espèces. Les forêts belges n’y échappent pas et les effets sont déjà visibles. Il s’avère donc nécessaire de prendre des mesures dès aujourd’hui, au vu des (très) longs cycles de vie des arbres.
Les grandes surfaces boisées sont des puits de carbone qui stockent le dioxyde de carbone et rafraîchissent l’air.
Sous l’effet du soleil, l’eau absorbée par les arbres s’évapore, créant de la vapeur d’eau. Ainsi des nuages se forment, engendrant de nouvelles précipitations.
La déforestation ainsi que les pratiques conventionnelles de sylviculture intensive perturbent ou empêchent ce processus et privent l’atmosphère de cet effet rafraîchissant, créant alors un cercle vicieux qui accentue le changement climatique.
Le maillage écologique

Le maillage écologique est également connu sous le nom de maintien des continuités écologiques (réseau des liaisons naturelles). Il est constitué d’une part des grands espaces où la nature peut s’exprimer librement (parcs, massifs forestiers naturels, réserves, prairies, jardins nature, mares, étangs, lacs, mers, océans…); et d’autre part des corridors naturels permettant de relier ces larges espaces (haies vives, bocages, bosquets, sentiers et chemins champêtres, ruelles végétalisées, talus agricoles enherbés, ripisylves, ruisseaux, rivières…).
Sauvegarder les espaces préservés de ce réseau naturel et restaurer ses zones détruites ou dégradées par les activités humaines permettrait de garantir la mobilité et les habitats de la biodiversité, ce qui est crucial pour espérer pouvoir ralentir et stopper son extinction.
CONSÉQUENCES DE LA RUPTURE DU RÉSEAU ÉCOLOGIQUE
Perte de biodiversité
La perte de maillage écologique se traduit par une diminution significative de la biodiversité. Lorsque les réseaux écologiques disparaissent, de nombreuses espèces perdent leur habitat et peuvent être entraînées vers l’extinction. Cette dynamique se manifeste surtout par la disparition d’espèces qui n’ont pas la capacité de migrer vers d’autres zones.
Fragmentation des habitats
La fragmentation des habitats résulte de la destruction de ce maillage. Ce processus limite le potentiel d’adaptation des espèces et réduit leur capacité à migrer pour s’adapter aux changements environnementaux. La fragmentation peut également entraîner une réduction de la taille des populations d’espèces, augmentant ainsi les risques d’extinction locales.
Isolement des populations
Les habitats fragmentés isolent les populations d’espèces, ce qui empêche les échanges génétiques essentiels. Cela conduit à une diminution de la diversité génétique, rendant les espèces moins résilientes face aux maladies, aux changements climatiques ou à d’autres stress environnementaux. L’isolement accroît également le risque d’inbreeding, entraînant des problèmes de santé au sein des populations.
Perturbation des processus écologiques
La disparition du maillage écologique interrompt les processus écologiques tels que la pollinisation, la dispersion des graines et le cycle des nutriments. Les espèces responsables de ces processus, souvent capables de traverser de grandes distances, sont limitées dans leurs mouvements, ce qui peut affecter la régénération des plantes et la santé des écosystèmes.
Augmentation des risques d’invasions
La fragmentation des habitats favoriserait la propagation des espèces envahissantes. Ces espèces, qui peuvent prospérer dans des environnements perturbés, menacent les espèces locales en concurrence pour les ressources. Cela peut également contribuer à un déséquilibre dans les communautés écologiques, menaçant davantage la biodiversité.
